Comme un lion en cage!

Moi qui avais l’habitude de faire des journées de folie lorsque j’étais chef d’entreprise, même malade, je travaillais entre 9h à 15h par jour tant j’étais débordée (c’est d’ailleurs ce que l’on appelle du présentéisme acharné et c’est aussi ce qui peut conduire à un épuisement physique et moral, ce danger pour tout chef d’entreprise), maintenant que mes journées sont composées uniquement depuis des mois de réponses à des offres d’emploi sans pourtant arriver à en décrocher un, je tourne comme un lion en cage.

En gros, je n’en peux plus de ne plus sortir de chez moi, je n’en peux plus de ne plus ramener fièrement mon gagne pain et le gagne pain pour mes enfants à la maison, je n’en peux plus de me sentir inutile et de ne rien faire de productif.

Ce matin, je discutais avec l’un des mes anciens pairs chef d’entreprise qui recrute, mais pas du tout pour un poste pour lequel je pourrais être qualifiée car rien à voir avec mes champs de compétences. Il me disait que c’était la première fois que, pour une création de poste qui n’est pas une nouveauté en soi quant à son libellé et au sein de sa société, il recevait autant de CV. Il en a même reçu des improbables tant la distance à parcourir pour son potentiel futur employé est grande entre son lieu d’habitation, et son lieu de travail. C’est un poste généralement occupé par des hommes, et bien il a même reçu des candidatures de femmes. En gros, il m’a confirmé que je n’étais pas au bout de mes peines pour trouver un emploi car lui-même était stupéfait du nombre de personnes se précipitant à envoyer leur CV en si peu de temps que son annonce était visible. Je risque donc de tourner comme un lion en cage un sacré moment encore et je n’en peux plus…

On se croirait dans la pièce « Le Cid » De Corneille« Oh rage oh désespoir! »…. Version 2014 => « Mais quand vais-je donc sortir de cette situation pourrie?! »

C’est très dur comme je l’expliquais dans un précédent article, de perdre son entreprise. C’est une véritable souffrance morale et même physique. Mais je n’imaginais pas que cette souffrance allait perdurer après cette perte, pire encore, être accentuée par le fait de ne pas trouver de travail, ne serait-ce qu’un travail tout simple pour lequel je serais sur-qualifiée…

C’est très dur de passer de la vitesse d’une voiture de course à celle d’un vélo vu que je n’ai rien à faire hormis chercher encore et encore la moindre annonce d’offre d’emploi.

C’est très dur de ne pas avoir de réponse à mes candidatures ou pire encore de lire un NON « malgré mes compétences » (je cite). A cela j’ai envie de dire: « Si je suis compétente, alors POURQUOI NON? »

lion en cage

Bref, c’est très dur tout court et j’ai l’impression qu’après avoir mené un dur combat pour faire vivre et grandir ma société, après avoir décidé, pour ne pas mourir moi-même de l’arrêter, de mener un nouveau combat très dur lui aussi: celui de trouver de quoi arrêter de tourner comme un lion en cage (ce qui d’ailleurs se cumule avec mon combat contre la maladie, mais sur celui-là, j’ai l’impression de progresser un peu même si je reste très très fragile).

J’imagine bien que je suis loin d’être la seule dans ce cas aux vues des fermetures de sociétés et liquidations en tout genre ces derniers mois … malheureuse triste constatation.

A souhaiter que je puisse prochainement avoir moins de temps pour ce blog, cela voudra dire que j’ai enfin arrêté de tourner en rond et que je suis de nouveau le pied à l’étrier du TRAVAIL. A ce sujet, cela fait plusieurs fois que je me pose la question de continuer ou non ce blog même si je ne trouve pas un travail, car j’ai une idée sous-jacente, mais pour le moment je n’en dirai pas plus. Si je l’arrête, il aura un article de fin digne de mon pseudo, il sera extrêmement caustique mais tellement empli de vérités..

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