Etre femme chef d’entreprise: vécu, analyse

Je me suis longtemps demandé pourquoi j’ai dû vivre un tel cauchemar en tant que chef d’entreprise et j’ai fait une analyse, après moult nuits blanches, moult tortures d’esprits car l’on peut dans le cas présent réellement parler de torture d’esprit, de souffrance morale avérée, celle que beaucoup de chefs d’entreprise connaissent mais n’avouent pas car en tant que « dirigeant », nous estimons qu’il est de notre devoir de ne pas flancher et surtout ne jamais montrer le désarrois dans lequel nous sommes souvent plongés.

De cette analyse durant laquelle je me suis posée beaucoup de questions, de pourquoi, durant laquelle je me suis même profondément remise en question afin de tenter de savoir à quoi tout cet acharnement pour lequel je n’avais aucune autre histoire comparative à ma connaissance pouvait-il être dû, je pense avoir trouvé la réponse.

Il y avait au final deux réponses possibles à cet acharnement contre moi de la part de certaines VDI, des Inspectrices de la DGCCRF, des blogueuses sur Facebook:

REPONSE 1/: Mon caractère bien trempé dans le cadre du travail car oui je suis certes une femme de caractère depuis mon plus jeune âge, mais pourtant une femme  à la sensibilité à fleur de peau, presque une femme enfant une fois le rideau du travail baissé, donc une femme forte professionnellement mais fragile personnellement, avec un gros coeur qui m’a déjà porté préjudice et qui j’imagine, continuera de le faire dans le futur. Cette facette de mon caractère, celle de la femme sensible, fragile, pleine d’émotions, personne hormis mon entourage proche ne la connait car je ne la montre pas par pudeur. Ceci étant, je me souviens que lors d’une réunion avec certaines VDI de mon réseau, l’une d’elles avait dit de moi, et bien entendu en ma présence, que j’étais: « Une main de fer dans un gant de velours avec un gros coeur ». Elle avait vu juste.

REPONSE 2/: Le fait d’être une FEMME tout simplement.

Après mure réflexion, j’ai compris qu’être femme chef d’entreprise, une femme qui dirige seule sa propre barque et qui réussit à la piloter, la porter vers son développement, sa réussite tout simplement, une femme qui dirige d’autres femmes et ce, en nombre, une femme qui ne cache pas que tout se passe bien pour son entreprise sur les réseaux sociaux car si tout se passait bien, c’était un dû, le fruit de mes longues heures de travail acharnées, aussi je n’avais pas volé le peu que j’avais et la relative réussite que j’avais atteint, aboutit comme résultat à DERANGER. ► C’est donc le 2/ la réponse à mes nombreux POURQUOI.

Oui, je dérangeais car je réussissais, je dérangeais car j’arrivais à mener de front (pourtant à quel prix et quels sacrifices!) ma société et ma vie de mère. En France, la mentalité pourrie fait quel’on ne loue pas votre réussite, bien au contraire, on la déteste tandis que l’on se délecte de vos échecs. Triste petite mentalité et petitesse d’esprit. Mais j’oubliais, aux dernières Présidentielles plus de la moitié des français ont voté PS et son Illustrissime candidat: reflet de l’illustrissime petitesse d’esprit d’une grande partie de la population ici, bien que, (comme quoi le vent tourne), ce pauvre Illustrissime qui sait tout mais ne sait rien, ait aujourd’hui une cote de popularité plus bas que Vingt Mille Lieux sous les Mers. Vous l’aurez compris, je n’ai pas voté PS, et ceci ne me pose aucun souci que d’afficher publiquement que je suis une pro-Sarkozy.

femme chef d'entreprise

Je pense tristement que lorsque l’on est une FEMME chef d’entreprise, quel que soit le comportement que l’on adopte, nous avons malheureusement systématiquement une étiquette collée dans le dos d’office et selon ce comportement, cette étiquette nous conduit droit vers les ennuis, les obstacles, les soucis, voir pire encore.

2 POSSIBILITES au travers de mon cas et de mon vécu ►

1/ Vous êtes trop gentille, trop pour le « laisser faire », trop empathique => On vous prend pour la »truffe de service » et non seulement vous n’obtenez rien de vos VDI qui partent dans tous les sens, donc autant ne pas avoir de réseau puisque celui-ci va à moyen terme vous entraîner vers le bas, vers le chute de votre CA donc celle de votre entreprise. Vous êtes trop gentille, aimable, amicale presque avec les blogueuses, elles profitent de vous bien qu’elles prétendent toutes le contraire, et vous vous retrouvez à donner, donner, offrir, donner et offrir encore ce qui aboutit aussi à moyen terme à « bouffer la grenouille » en expression familière.

2/ Vous durcissez votre management afin d’avoir un réseau professionnel et non pas composé de « poules qui caquettent en se noyant dans un vert d’eau », tout en pourtant restant au plus disponible et à l’écoute, vous devenez la Sorcière de Salem. Vous tenez tête aux blogueuses qui parfois, et même souvent, franchissent les limites de la correction, de la familiarité, du sans-gêne, et surtout se servent de leur blog non pas comme d’un outil d’expression, de lecture pour les internautes, mais comme d’une ARME, vous devenez la femme à abattre.

Dans les 2 cas en ce qui me concerne, comme j’ai essayé le 1/ et le 2/, vous êtes coincée et ne pouvez qu’aller droit dans les ennuis, plongée seule au milieu d’un gigantesque panier de crabes.

Si de surcroît vous devez faire la désagréable connaissance d’Inspectrices de la DGCCRF donc encore une fois une relation de femme à femme(s), vous êtes cuite.

A contrario, même s’il est plus dur de faire sa place en tant que femme chef d’entreprise pour être reconnue par ses pairs masculins, une fois cette reconnaissance acquise, les HOMMES au moins, se réjouissent de votre parcours, de votre évolution, vous prodiguent même volontiers des conseils.

► Moralité: Femmes chefs d’entreprise, tant qu’à vous arracher les cheveux, optez pour un comportement de management plus strict si vous gérez de l’humain féminin, sinon vous serez mangée toute crue si vous êtes trop gentille et trop accessible (L’être humain confondant systématiquement gentillesse et faiblesse malheureusement). N’hésitez pas à vous entourer d’hommes, au moins vous éviterez les querelles de basse-cour, les jalousies, les coups bas. A pire, vous risquez juste que l’on tente d’en vouloir à votre petite culotte, mais comme dit le proverbe: « L’Homme propose, la Femme dispose », donc en cela, vous ne risquez pas grand chose si vous savez dire oui ou non selon ce que VOUS voulez.

Je vous ai donc déjà courtement présenté deux de mes fléaux incarnés à l’origine du début de mon cauchemar d’entrepreneur dans mes 2 articles précédents, fléaux que j’ai baptisés respectivement PassWord pour cette VDI machiavélique, et R2D2 pour cette Facebookienne mythomane. Il est temps de vous présenter courtement sous forme d’exemples 2 autres fléaux incarnés: Les blogueuses hyènes qui se sont acharnées sur moi (quoiqu’il y a eu aussi des blogueurs hommes: pauvre d’eux, devenir si petits en se croyant si puissants), et les Inspectrices de la DGCCRF qui en ont fait de même et tel des poux de rentrée scolaire, continuent de me pourrir la vie encore au jour d’aujourd’hui.

blogosphère

Mon cauchemar d’entrepreneur: la Blogosphère, ce Dallas #1

La suite au prochain article.

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